Le sport m’a sauvée !

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Le sport m’a sauvée !

Anne-Sophie Thilo et Laurence Chappuis

« Le sport m’a sauvée », c’est le constat d’Anne-Sophie Thilo navigatrice de l’équipe suisse pendant de nombreuses années et participante aux Jeux Olympiques de Pékin 2008.

Sauvée ? Mais de quoi… Sauvée de l’ennui, de la routine, de ce manque de défi du quotidien et du manque de stimulation de la vie de tous les jours. La navigatrice vaudoise savait depuis bien longtemps qu’elle ne rentrait guère « dans le moule ». Ignorant cependant tout de son HPI (haut potentiel intellectuel) jusqu’à l’âge de 30 ans, elle a su se frayer un chemin qui l’a menée au sport de haut niveau et dans une double carrière à 200km/h.

Olympienne en 2008 à l’âge de 20ans seulement et détentrice d’un master en sciences de la communication et des médias, ainsi que d’un MAS en administration et technologie du sport, elle a toujours besoin de faire mille et une choses et de penser ou agir différemment. Une scolarité facile (sans jamais être la première de classe) et surtout toujours un besoin omniprésent de défis et d’efficacité l’a menée parfois dans des situations très compliquées comme manquer 15 jours d’école juste avant son examen de maturité.

Ce perfectionniste, cette motivation et cette énergie inépuisable ou presque, les personnes HPI l’ont pour ce qu’ils ont choisi et ce qui fait sens pour eux, selon Laurence Chappuis, psychologue et spécialisée à la fois dans le suivi de personnes HPI et dans le domaine du sport. A l’instar d’Anne-Sophie, Laurence Chappuis reconnaît chez les personnes HPI la difficulté à supporter la routine, le manque de défi et de stimulation. La double carrière est donc une aubaine pour les personnes à haut potentiel intellectuel.

Anne-Sophie, reconnaît que de nombreuses qualités lui ont certainement permis de se différencier, de s’entraîner autrement et ainsi de faire partir des meilleures alors que personne n’aurait misé sur elle en tant que jeune compétitrice.

Mais cette tête qui fonctionne vite et différemment lui a aussi joué des tours et a semé des embuches sur son chemin. Son entourage aussi a parfois trimé pour faire avec sa façon d’être. Beaucoup d’émotions très intenses à gérer, une impatience et une angoisse de ne pas progresser assez vite, de même qu’une exigence envers elle-même tellement élevée. Laurence Chappuis, qui travaille depuis de nombreuses années avec cette population singulière, constate que, dans un certain nombre de cas, l’intensité de la sphère émotionnelle est telle que cela peut créer des difficultés. Et le sport peut là aussi sauver les gens en servant d’exutoire.

Mais dans le cas d’une compétitrice du niveau d’Anne-Sophie, le sport n’a pas été que l’exutoire, elle a dû apprendre à composer avec une tête qui n’arrête pas de penser et de « processer », ne la laissant ainsi jamais au repos, que cela soit dans les bons ou les mauvais moments.

Et parlons un peu du coaching, comme nous pourrions parler de l’enseignement à l’école qui peut devenir complexe, mais oh combien intéressant. Face à une personne qui réfléchit tout, qui veut tout contrôler, qui ne s’arrête jamais, le rôle du coach peut devenir complexe et  la relation sportif – entraineur, très intense et incroyablement puissante dans le positif comme dans le négatif. Pour Anne-Sophie, il a fallu tant du côté de l’athlète que du coach trouver des stratégies pour fonctionner ensemble sur et hors de l’eau. Le coach a donc dû découvrir, comprendre et appréhender ce genre de profil de personnes HPI pour que son travail porte ses fruits.

Le haut potentiel intellectuel concerne environ 2% de la population générale. On ne connaît pas le nombre de sportifs de haut niveau qui sont concernés par ce fonctionnement singulier mais il est probable qu’il y en ait passablement, assez en tout cas pour s’y intéresser de près.

Dans son travail quotidien, Laurence Chappuis accompagne très régulièrement des enfants, adolescents et adultes à haut potentiel intellectuel engagés dans des carrières sportives. Ce travail lui a permis de faire ressortir certains atouts et limites du fonctionnement à haut potentiel dans le contexte sportif. Elle aimerait aujourd’hui pouvoir transmettre son expérience aux entraîneurs et parents, en expliquant le fonctionnement de la personne à haut potentiel intellectuel et l’expression de cette singularité dans le domaine sportif. Le sport de haut niveau pourrait être facilité par le fonctionnement de la personne à haut potentiel à condition de savoir gérer les limites et favoriser les atouts.

Alors le haut potentiel est-il un atout ou une limite à la performance sportive ? Comment coacher des jeunes athlètes avec ce fonctionnement très singulier et tout ce que cela engendre ?

La conférence Sport et HPI est un regard croisé de l’olympienne Anne-Sophie Thilo et de la psychologue Laurence Chappuis, au bénéfice d’une grande expérience avec des sportifs et des personnes HPI. Elles partageront ensemble leurs expériences du terrain ainsi que les recherches et analyses faites lors de l’accompagnement de sportifs HPI. Ceci dans le but de vous donner quelques clefs de coaching pour accompagner et « tirer profit » de ces athlètes singuliers et passionnants.

2019-05-06T20:01:03+00:00 Coaching, Speakers|0 Comments

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